Le Web, la solution de la presse écrite
Je suis dernièrement tombé sur une publicité sous forme de bannière de l’ACJ (L’Association canadienne des journaux) sur un site de marketing canadien connu. Alors que nous sommes bien au début de la crise de la presse écrite, j’ai été énormément surpris de l’utilisation de ce médium, exploitant ce type de message pour cette entité.
On peut lire clairement comme message (voir image) : « 10 millions de visionnements en feraient la grande vedette de YouTube, pour nous, c’est l’édition du jeudi ». Bien que je trouve la comparaison habile, voire même créative, elle me semble irréaliste et surtout irrecevable dans ce cas précis.

Je m’explique, il est vrai que 10 millions de vues sur YouTube c’est un exploit. La presse semble faire le tour de force haut la main dans l’édition du jeudi, tout simplement. C’est qu’il faut comprendre toutefois, c’est que YouTube n’est qu’un des nombreux éléments qui font partie de la collecte d’information quotidienne et typique d’un usager; le Web c’est tentaculaire, évolutif, c’est le présent. La presse c’est linéaire, rigide et surtout le passé.
Combien de pages sont lues dans un journal? On imprime encore les cotes de la bourse alors qu’aucun courtier qui se respecte ne prend des décisions sur des résultats qui ont 24 heures de retard. Il faut relativiser et ne pas oublier cette interactivité que la Web procure à l’usager; il participe à la discussion, prend une part active, il contribue. Si on parle de chiffres, Google seulement comptabilise presque 300 millions de recherches par jour dans le monde, ce qui ce traduit par plus de 12 millions de recherche par jour au Canada! C’est le pain quotidien de Google. C’est une moyen démocratique qui laisse les gens prendre un rôle actif au sein de l’information, cut the middle man comme on dit.
Autre point à considérer est le média utilisé pour ce message, ironiquement c’est le Web et c’est celui même qui me fait réagir et fait en sorte que je puisse partager mon opinion, comme tant d’autres le font sur tant de sites et tant de sujets à l’instant. Considérons aussi les moyens, 8 millions de vues sur YouTube peuvent être faites simplement par un type dans son salon avec un talent musical discutable, coût : 0$.
Pour ma part, je ne condamne pas les efforts de l’ACJ, je comprends qu’il ya des enjeux et la situation est complexe. Je déplore les efforts utilisés. Soyons réalistes, quel sera l’effet de cette campagne? Augmenter la vente de journaux? Freiner la déroute? Sensibiliser la population? J’en doute. Je crois que cet investissement aurait pu être mis ailleurs, peut-être former ces journalistes à cette nouvelle réalité ou encore des actions plus tangibles qu’une campagne de la sorte.
Comme on dit, si on ne peut les battre, joignons-les!
Plus sur:
-
Andrés
-
etiennechabot
-
Andrés

