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Première au New York Times : Article Financé par des Lecteurs

par Beat Richert le 14 novembre 2009

Voici une nouvelle fort intéressante qui fait écho à nos échanges passionnés et très animés entre journalistes et blogueurs lors de la première rencontre-événement Ressac Connect, organisée le 5 Novembre à nos bureaux; le premier article financé par des lecteurs paru dans le géant de la presse écrite : The New York Times.

Est-ce que l’initiative pionnière de type « crowdsourced / community journalism » de Lindsey Hoshaw constitue une voie viable au financement de l’activité journalistique en ligne ?

Community journalism is not a fad or an experiment, it’s absolutely the future.

- Lindsey Hoshaw

NYT - First Article Finance by ReadersNew York Times et la science de la production de contenu journalistique

Mise en contexte, le 9 novembre, le site du New York Times a publié son premier article en grande partie financé par des lecteurs.

Lindsay Hoshaw, une jeune journaliste indépendante, a réussi à financer son projet de recherche sur la pollution de l’Océan Pacifique avec le site Spot.us qui permet aux journalistes de présenter leurs projets et de lever des fonds directement auprès des lecteurs.

Une version adaptée de son travail de recherche (qu’elle a d’ailleurs offert sur son blogue personnel) a été retenue et publiée par le New York Times.

Voici la note que l’on peut lire à la fin de l’article :

Travel expenses were paid in part by readers of Spot.Us, a nonprofit Web project that supports freelance journalists.

Autres détails intéressants : aucun lien hypertexte vers le blogue de Lindsay Hoshaw ou vers Spot.us n’ont été intégrés dans le texte, une pratique que le NYT respecte pourtant régulièrement dans ses articles. Également, le New York Times (qui a payé 750$ pour l’article selon Telepolis) s’approprie les droits d’auteur des photos de l’article et ce, malgré le fait que Spot.us ait financé 8 fois plus (6,000$) pour la réalisation de l’article.

Ces quelques détails démontrent à mon avis la grande nervosité des médias traditionnels. Essayer d’éviter l’évolution technologique revient à accepter le rôle absurde et désespéré de Sisyphe dans la mythologie grecque. Adopter et intégrer trop vite les possibilités du « community funded reporting » peut rapidement devenir une sorte « d’auto-euthanasie » pour les médias traditionnels. Et la balance entre les deux extrêmes est plus que jamais un acte acrobatique.

À quand le premier article de journalisme de recherche financé par la communauté québécoise ?

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